Championnat algérien : un suspens insoutenable

La fin de saison approche à grands pas en Algérie. En effet, il ne reste plus que deux journées pour devenir potentiellement champion. Six équipes sont encore en lice pour le titre et quinze équipes sur seize doivent encore lutter pour éviter la relégation. L’homogénéité de ce championnat est incontestable et soulève de nombreuses interrogations sur les systèmes mis en place ainsi que sur le niveau général de la L1 algérienne.

supporter de la JS Kabylie
Voici la situation actuelle :
L’équipe de l’ES Sétif est en tête du classement et cinq autres équipes la suivent de très près. Ce qui est étonnant c’est que seulement six points séparent le deuxième du classement, le MO Béjaïa, de la relégation. Donc sur les seize équipes engagées dans ce championnat, seule la première est assurée de son maintien, mais pas de son sacre…


Le catenaccio à l’algérienne

La première anomalie observée dans ce championnat, c’est la différence de but. Le concurrent avec la meilleure différence de buts, le MO Béjaïa, n’est qu’à +10 au bilan après 28 journées, alors que le dernier, le RC Arba, compte seulement -8. Afin de comparer, en France, le rapport est de +46/-30 entre le PSG et Lens et en Espagne +86/-43 entre le Barça et Córdoba.
Ce championnat est le plus serré, mais il est difficile de savoir pourquoi. Alain Michel, entraineur français du CR Belouizdad, nous livre quelques éléments de réponse dans un entretien accordé au site de la FIFA :

Les changements permanents opérés au niveau de l’encadrement technique commencent à se faire sentir. Aucune équipe ne parvient à s’approprier un système sur le long terme. La plupart des clubs pratiquent un jeu similaire. Le football algérien est devenu très physique et les matchs sont de plus en plus serrés. Les écarts se sont réduits, au point qu’il n’y a plus grand-chose pour séparer deux équipes.

Cette particularité propre au championnat algérien a donc des conséquences directes sur la façon de jouer des protagonistes. C’est ce qu’observent également l’international du MC Oran, Kamel Larbi, ainsi que l’entraineur français du MC el Eulma, interrogé sur le site de la FIFA :

Toutes les équipes défendent énormément. Elles pensent avant tout à ne pas encaisser de but. Dans ces conditions, la victoire est perçue comme un bonus. Les clubs ont peur de perdre avant tout. Tout le monde joue avec le couteau sous la gorge et cette menace pèse sur les comportements.

Cette déclaration prend tout son sens lorsqu’on prête attention aux résultats de la journée disputée samedi dernier : sept nuls en huit matchs.

Le championnat algérien sur la scène africaine

Le constat de l’homogénéité de ce championnat algérien est pour la majorité des experts synonyme de nivellement vers le bas.
Le futur champion ne sera pas forcément la meilleure équipe, mais la moins mauvaise, car les cadors du championnat (USM Alger, MC Alger ou la JSKabylie) sont actuellement capables de perdre contre n’importe quelle équipe.
Le contraste est alors surprenant lorsqu’on sait que les représentants algériens sur la scène continentale n’ont jamais été aussi performants. La saison dernière l’ES Sétif a remporté la Ligue des champions africaine, ce qui n’était plus arrivé depuis près de 25 ans à un club algérien. Ce championnat reste donc un mystère. Quoi qu’il en soit, L’ES Sétif (actuellement 1er du championnat) n’a pas intérêt à faire le moindre faux pas si elle veut conserver sa place de leader.